Les filles du lycée

Je ne sais pas pourquoi, je suis allée faire un tour sur Facebook, pour voir les comptes de ces filles qui m’ont pourries la vie au lycée. Je me suis rendu compte que pour la plupart je ne me souvenais plus de leur nom de famille, sauf une, la pire, elle je crois que je m’en souviendrais à vie. Celle qui a déclenché mes migraines, celle qui m’aura le plus détruite. Celle à cause de qui, chaque nuit je m’endormais en pleurant. Mais j’avais besoin de voir. Même si je ne savais pas pourquoi j’avais ce besoin là.

Ces filles qui rabaissaient mon physique, un jour trop maigre un jour trop grosse, trop habillée en noir, trop blanche, trop ceci trop cela.

Trop stupide, trop naïve, trop gentille, trop moche. Bref j’étais tout trop. Sauf les choses gentilles et positives.

Je n’étais pas faite pour les études, mon connard de professeur principal et elles me le rappelaient chaque jour, avec une phrase blessante et rabaissante. J’étais nulle. Je ne connaissais rien. Mon cerveau était vide. J’étais inutile. Je finirais, vendeuse, chômeuse ou pire, selon Madame Migraine. (Oui parce que pour elle vendeuse c’était le plus bas possible pour elle)

2326b97afef62efa3ab282006b2fbce5Image de Lotus & bouche cousue

Quand je dis aux gens que je n’ai pas aimé le lycée ils ne comprennent pas. La vous comprenez ?

Alors j’ai arpenté les profils. Les métiers, les photos, tout.

Ces filles si méchantes sur mon physique ont bien changé, (petite pensée à celle qui se vantait de manger le pot de Nutella à la cuillère. À celle aussi qui me traitait de grosse). Je me suis battu avec ma Non-motivation pour le sport, là, tout de suite j’en suis fière de m’être battue.

Et la pire, madame Migraine, qui m’insultait de grosse alors qu’elle faisait le triple de moi. À travers ses yeux je me suis vue obèse, laide, affreuse, moche, horrible. À force de me le répéter mille fois par jour, j’ai fini par la croise. J’étais moche, nulle et je ne deviendrais rien.

J’ai été choquée, sincèrement, de voir que contrairement à elle, je fais le métier que je voulais faire et que j’aime !! Que ma vie me semble pas si horrible que ça. (Que ce qu’elles prévoyaient du moins).

J’ai eu presque la même douleur qu’avant, ce truc horrible, d’être mal dans ma peau.

Mais j’arrive pas à déterminer si c’est par tristesse ou joie. Parce que oui, j’en ai bavé avec elles. J’ai mis 6 ans à me reconstruire pas à pas. Toute seule, ou presque (bon ok mes parents et Clemence m’avaient beaucoup aidé). Moi, si nulle, sans bac, (donc bonne à rien) j’ai passé mon fichu CAP, seule comme une grande, je l’ai eu. Mais mince, moi, je fais un boulot de j’aime, j’ai un boulot, un boulot stable. Je ne me suis pas laissée aller. J’ai fait du sport. Alors certes, je ne deviendrais pas milliardaire avec mon travail, mais je l’aime ce boulot, j’aime y aller. C’est une seconde passion.

Ma mère m’a tellement répété que les «méchants finissaient toujours par être puni», que finalement oui, je commence à croire que c’est possible.

L’ironie du sort dans tout ça, c’est que Madame Migraine qui voulait être infirmière, ou mieux encore, est devenue vendeuse. (attention je ne dénigre pas les vendeuses, mais je trouve ça tellement ironique comme situation).


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largeImage venant de We heart it

Prendre le temps de bloguer

Grâce à cet horrible état grippal qui ne passe pas, j’ai pu retrouver le plaisir de bloguer. Découvrir de nouveaux blogs, lire des articles, papoter, écrire à nouveau. Ce que je ne fais plus par manque de temps, quand je travaille. J’adore mon boulot vraiment, mais les enfants c’est épuisants, j’en perds l’inspiration et pourtant j’ai besoin d’écrire mais mon cerveau est bien trop souvent en mode off.

***

(C’est le couplet racontage de vie que vous n’êtes pas obligé de lire) (Il y a même eu cette période ou c’était boulot puis sport pendant heure, il « fallait » que je perde du poids, je suis très très gourmande, mange beaucoup de gâteaux et de chocolats donc forcément je prends du poids. J’ai tenu un an et demi avec ce rythme, je suis revenue au poids que je voulais, mais la fatigue s’accumulant j’en suis maintenant incapable. Ça fait des semaines que je n’ai pas fait la moindre heure de sport, entre les rhumes, le boulot, je n’ai pas le courage et j’en suis triste car le sport j’aime bien ça, ça défoule, bon avec un rythme plus normal j’aimerais bien faire 4h par semaine. Mais non même ça c’est impossible).

***

Du coup j’ai repris le rythme depuis quelques temps, à lire quelques blogs le soir, à écrire un peu. (bon sang, ce que ça fait du bien).

Et du coup dans le malheur de ma grippette qui m’oblige fortement à rester couché, je blogue pleinement, quel bonheur ! J’ai pu à nouveau changer le design du blog, rajouter des petites choses par-ci par-là, notamment un bouton « j’aime » Hellocoton permanent (plus besoin de faire du copier/coller dans chaque article youpi), le rendre un peu plus comme je voudrais, plus pratique avec des sous-catégories, avoir ma colonne sur la droite, que je voulais depuis un petit moment. Je réfléchis de plus en plus à un nom de domaine, mais ces histoires d’hébergement, de transfère de je sais pas quoi me font très peur.


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Enfin voilà, c’était mon petit article *happy blogging*. Tout ça pour dire que bloguer ça fait du bien au moral !

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Toi aussi tu conduis comme une fille ?

Être une fille au volant, généralement ça devient vite lourd. Klaxons, appels de phares, feux de détresse & compagnie c’est assez habituel quand il fait jour. Même si tu roules normalement. De toute manière pour les mâles, tu es une fille DONC tu ne sais pas conduire (grande déduction).

Petite, avec de la famille nous avons eu un petit accident de voiture, les deux conducteurs conduisaient trop vite, rien de grave mais depuis j’ai peur de la vitesse.

Mais je suis aussi une grande trouillarde la nuit, c’est simple j’ai peur du noir (oui je suis adulte et alors) alors quand il s’agit de conduire la nuit dans les routes de campagne, je ne suis pas fière. Mais alors c’est d’autant plus stressant, horrible, énervant quand un trou du cul (désolée c’était pour être polie) colle ta voiture, mets ses pleins phares juste pour que tu t’en prennes plein la figure dans le rétroviseur, ça te fait rugir le moteur, ça klaxonne, ça fait mumuse en faisant des zigzag sur la route (trop drôle). Cette fois, c’était la fois de trop. Messieurs, sachez une chose, quand vous me faites ça parce qu’à votre gout je ne roule pas assez vite en respectant la vitesse, je ralentis d’autant plus juste pour vous emmerder :) Vous voulez être stupide je sais faire aussi, d’autant plus que je sais pertinemment que ça vous énerve de plus belle. Donc, cette partie est très rigolote pour moi.

J’avoue aussi, je prie intérieurement pour que vous vous plantiez en voiture (oui c’est mal), bon je ne souhaite pas votre mort, mais juste que vous abimiez bien votre voiture de beauf. Ou alors, j’espère qu’un Gendarme ou un Policier se trouvera bientôt sur votre chemin. Déjà, parce qu’en roulant comme un taré sur une route humide (ou même pas humide) vous risquez votre vie mais surtout celle des autres. Et là, j’avoue que je ne vois pas en quoi c’est amusant. Surtout que vous ne gagnez que quelques secondes en roulant à 100/120 plutôt qu’a 90. (Et vous polluez aussi).

Chez certains, le respect il est nul part, ni sur la route, ni dans la rue, quelque soit la façon dont on s’habille, ni sur internet, bref nul part.

Est-ce-que vous feriez pareil si j’avais un masque de garçon ? 

Vous saviez que vous passez pour des gros beaufs à faire ça ? 

Au passage, juste comme ça, j’ai moi aussi eu mon permis du premier coup.

Image trouvée sur We heart it 

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La peur est humaine.

On a jugé ma peur. Ça fait un mois maintenant. Un mois que ce putain de Vendredi 13 est arrivé. Et maintenant j’ai besoin de poser mes maux. Alors voilà, on a jugé ma peur. Ouvertement sur un réseau social. Elle, elle était à Paris au moment des attentats, elle n’était pas tout près mais pas trop loin non plus. Moi, j’étais chez moi mais terrifiée, aussi. Terrifiée parce que tous ces endroits je les connais trop par cœur. Parce que je vais souvent à Paris pendant les vacances scolaires. Enfin à chaque fois. Le Bataclan je passe souvent devant, la place de la république je suis souvent dessus. Alors oui, je n’ai pas eu la même peur qu’elle parce que je n’y étais pas ce soir-là, je n’étais pas dans une salle de concert, je n’avais pas un risque de croiser un terroriste à ce moment-là, parce que j’étais simplement chez moi, mais j’ai peur quand même. Et la peur est humaine. J’ai dit sur un réseau social que oui, j’avais peur de retourner à Paris pour les fêtes de Noël. Mes parents sont juste terrifiés à l’idée de me laisser partir à Paris même pour quelques jours. Parce que pour eux le danger est là partout tout le temps. Alors, j’ai ma peur à moi, ma peur qu’au moment où je serai à Paris il y a un autre barge à ce moment-là où moi je serai, oui j’ai la peur de mourir, parce que je suis jeune et que j’ai encore envie de vivre, j’ai encore tout à découvrir et j’ai aussi la peur de mes parents sur les épaules. Je sais qu’il ne faut pas vivre dans la peur, qu’il ne faut pas psychoter et qu’il faut continuer de vivre. Mais j’ai les images dans la tête j’ai le regard terrifiés, horrifiés des gens dans la tête et je n’arrive pas à me les enlever. Parce que Paris, c’est une partie de moi, que je l’aime grand comme ça et vouloir tuer Paris c’est tuer cette partie de moi. Blesser Paris c’est me blesser moi. Faire peur à Paris c’est me faire peur à moi.

Mais d’où tu te permets de juger ma peur ? Pour qui tu te prends ? Tu te sens plus forte ? Tu te penses intelligente à me juger? Car non je ne te permettrai pas de dire que je n’ai pas le droit d’avoir peur. Je ne te permets pas de juger ce que je ressens. Toi, toi qui ne connaît quasiment pas Paris finalement. Parce que Paris est tellement plus que des jolies salles de concerts. Paris est colorée et pleine d’histoires, d’architectures, de monuments, d’arts, de coins et de recoins magnifiques, parfois des rues totalement dépaysantes, de personnalités si différentes qui font vivre Paris. Mais ça tu ne connais pas et c’est pour tout ça que j’aime Paris. Donc toi qui me juge tu n’aimes pas Paris gros comme ça, comme moi je l’aime, donc dans le fond tu ne comprends pas la peur de perdre ces si jolies choses. Et je suis loin d’être la seule à avoir peur. Car même s’il faut être fort, même s’il faut leur montrer qu’on est plus fort qu’eux, qu’on les laissera pas faire, qu’on ne les laissera pas nous abattre, on ne les laissera pas nous empêcher d’aimer la musique de nous amuser de vivre, j’ai peur quand même parce qu’ils sont totalement fous, juste prêt à sacrifier leur vie pour détruire la notre. Et vu les derniers événements on sait très bien qu’ils reviendront. D’accord on ne sait pas quand, ni où ça arrivera. Mais ça arrivera. Et vous avez beau dire qu’il ne faut pas avoir peur, si, on aura encore peur. Encore peur pour ces gens qui y laisseront leur vie, peur de la souffrance, peur de les connaitre, égoïstement peur que ça soit nous, pour qu’ils continuent à détruire Paris, détruire la France. Alors c’est franchement con, parce que malgré ma peur Paris me manque terriblement et entre nous ça m’énerve de savoir que je vais retourner à Paris en ayant peur.

Fluctuat nec mergitur

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C’est « seulement » du harcèlement moral.

C’est un sujet qui me touche et je vois qu’on commence vraiment enfin à en parler, à la télé, sur les réseaux sociaux, à bouger pour que ça cesse. Parce qu’il faut que ça cesse. Quoiqu’il aura fallut quelques suicides pour que les gens ouvrent les yeux. Je lis beaucoup de cas « faciles » à cause de l’obésité mais il n’y a pas que pour ça. Certains étaient trop maigres alors ils se sont vengés, trop moches, trop timides, trop différents, trop riches, trop pauvres, trop gays, trop lesbiennes, trop sombres, trop colorés, trop grands ou trop petits. Dans mon cas, j’étais trop maigre (ce qui du coup à changé un peu)(beaucoup) pas jolie, pas très grande et énormément timide, une proie facile. Le point positif c’est que c’était « seulement » du harcèlement moral. Evidemment j’en parlais pas, enfin si une fois et vu les réponses j’ai renoncé. Déjà parce que je pensais que ça cesserait vite, puis dire quoi à qui? On me pousse, on m’insulte on se moque de moi, réponse « oui c’est normal c’est le collège » paroles de la CPE, tant que je ne me faisais pas taper dessus c’était normal. Si c’est normal alors.

Être trop maigre, donc on te traite d’anorexique. (Alors qu’en fait, tu es juste maigre parce que tu faisais du sport et qu’a l’époque tu étais super difficile et que tu ne mangeais rien. Rien à voir avec la maladie.)

Ne pas être jolie, donc on te dit que tu es moche à longueur de temps. Moche parce que t’as des grosses joues (bah je suis anorexique ou pas du coup? faut savoir), moche parce que t’as pas de jolies dents (problèmes résolu, 4 ans d’orthodontiste houra), moche parce que le sort a fait en sorte que t’as de l’acné aussi (vive l’adolescence), moche parce que tu as un grand nez, parce que tes paupières sont basses, ta bouche n’est pas assez grande… Etc etc etc etc… Une fois mon père m’a dit, quand il a un peu apprit tout ça, avec ses mots pour me réconforter « Tu sais les filles qui étaient jolies au collège à mon époque, elles sont toutes devenues moches ». Merci papa, ça aide x’).

Tout devient stressant, l’arrivée le matin, les regards, les chuchotements qui s’accompagnent, les récréations, parfois seule, les regards encore. Traverser un couloir, se faire pousser, les chuchotements, se faire insulter. Se faire prendre entre quatre yeux pour entendre qu’en plus de n’avoir rien pour toi tu es nul au hand. Arrêter le hand.

Les profs aidants, oh wait. Ah non eux aussi ils rabaissaient, parce que tu es trop timide et trop nul, pas intelligente et j’en cite un « débile ». On cumule, ça n’aide pas. Et comme tous les autres, vers la fin, on essaye de rater les cours le plus possible, on ment pour des maux de ventre, des maux de tête. C’est à ce moment là que je me suis créée mes migraines.

Est-ce-que ces gens qui « s’amusent » à faire mal réalisent l’impact qu’il y aura pour plus tard, les traces qu’ils laissent. Que ce soit par des violences physiques ou moral? Mais est-ce-qu’ils avaient conscience que ça aussi, « seulement ça » c’était du harcèlement moral? Ils en pensent quoi aujourd’hui? Et ils en penseront quoi quand ça sera leur enfant le harcelé?

7 ans après tout ça, je ne supporte toujours pas le regard, le jugement des gens, moins timide mais je me méfie toujours autant des gens. J’ai toujours de fantastiques migraines de temps à autre. J’ai réappris à aimer un peu ma ville (bon le fait d’y avoir trouver mon job parfait a beaucoup aidé) et j’essaie toujours de réapprendre à aimer ses habitants (bon c’est pas tout simple entre nous). En ce qui concerne la confiance en moi et le fait de m’aimer, on repassera plus tard. « Seulement » tout ça c’est un souvenir assez lointain maintenant.

Alors évidemment mon cas est minuscule face à ceux qui subissent des violences physiques, le racket + le harcèlement moral. Mais il faut en parler, même si on a honte, même si c’est dur, déjà pour que ça s’arrête pour soi puis pour que les « nouvelles générations » ne vivent plus ça.  Pour que ceux qui font subir ça comprennent ce qu’ils font, que ce n’est pas « amusant » (on a pas tous le même niveau d’humour). Que c’est grave et que ça bousille des mois, des années, parfois des vies. Si vous pensez être cool en méprisant et en faisant du mal aux gens vous vous trompez. Vous serez le meilleur souvenir pour un temps pour une bande de potes mais le pire souvenir à vie pour les autres. C’est quoi le mieux ? C’est quoi le pire ?.

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